Patrimoine culturel

La vallée de la Scarpe peut s'enorgueillir d'un passé monastique sans commune mesure. Marchiennes conserve encore des vestiges architecturaux parmi les plus importants du département du Nord.

L’ABBAYE BENEDICTINE 

Abbaye de Marchiennes Abbaye de Marchiennes  © T.Teneul L’abbaye a été fondée vers 630 par Adalbaud, Comte de Douai et seigneur de la cour du roi Dagobert.

Le monastère a d’abord abrité une communauté d’hommes pendant environ 15 ans vivant d'abord sous l'ordre de Saint-Colomban (colombaniens) puis de Saint-Benoît (bénédictins). Puis, à la mort d’Adalbaud, sa femme Rictrude s’est retirée à Marchiennes. Le monastère est donc devenu mixte et les abbesses ont pris le pouvoir.

En 1024, suite à la réforme religieuse, les femmes sont envoyées au monastère de Denain fondé entre le 7 ème et le 8 ème siècle et l'abbaye redevient exclusivement masculine. Elle compta au fil des siècles parmi les plus puissantes abbayes du Nord de la France et de la Belgique, marquée par des périodes de splendeur, de guerres et de reconstructions. Vers 1790, les moines sont chassés et l’abbaye, devenue bien national, est vendue.

Elle recèle encore des vestiges témoignant de ce riche passé :
- la porte d’entrée principale de l’abbaye de style classique (1748) qui abrite désormais l’hôtel de ville et le musée d’histoire locale
- un colombier monumental (1754) 2ème porte d’entrée de l’abbaye, qui permettait aux religieux d’accéder aux champs et à la forêt
- l’ancienne brasserie Dufour, témoin majeur de l’activité des moines sur le territoire
- le presbytère, une partie du logis abbatial et quelques bâtiments de ferme

Découvrez les vestiges de l’abbaye à l’aide d’un lecteur MP3 : conditions de visite dans la rubrique « Loisirs/Visites culturelles ».
 

L’EGLISE SAINT RICTRUDE 

Figure majeure de la christianisation du nord de la Gaule à l’époque mérovingienne, Sainte Rictrude mérite assurément que l’église paroissiale porte encore son nom !

La construction de l’ancienne église remonte au moins au XIVe ou XVe siècle, puisqu’il s’y trouvait une épitaphe portant date de l’année 1476. Un cimetière l’entourait et l’entrée se faisait du côté opposé, rue de Lille. Elle fut qualifiée de trop petite pour contenir le grand nombre de paroissiens. Le foudroiement du clocher en 1742 la fragilisa et une ordonnance de l’évêque d’Arras, le 8 octobre 1779, y interdit la célébration du culte. Plutôt que de la restaurer, il était de toute nécessité de la reconstruire à neuf.

La construction de l’église actuelle est confiée à l’architecte Jacques-François-Joseph LESAFFRE, comme le transfert du Eglise Sainte Rictrude Eglise Sainte Rictrude  © Office de Tourisme de Marchiennescimetière communal. Le cimetière est transféré à la fin de 1785 et la construction débute au début de l’année 1787. Pendant les travaux, la tour s’effondre sur elle-même, écrasant la ligne des 3 premières voûtes et entraînant la seconde rangée de voûtes et les 2 premières colonnes de la nef. C’est à Benjamin Allard DEWARLEZ-LEPERS que fut confié, sans doute en 1808, le relèvement de l’église, avec un début des travaux en 1811 et une livraison des travaux en 1815. Marchiennes avait été privée d’église pendant 35 ans.

C’est une église de style néoclassique comme celles de St-Amand, Wasquehal, Auby, Le Quesnoy…mais où coexistent aussi la survivance des usages constructifs régionaux, la connaissance des modèles classiques et l’ouverture au courant néoclassique de la fin du XVIIIe siècle. De l’ancrage local relève l’emploi des matériaux : le grès en sous-bassement, la brique, la pierre calcaire blanche provenant d’Hordain, la pierre calcaire du Tournaisis y sont associés de manière traditionnelle.

La façade et la tour bénéficièrent d’une restauration générale en 1902-1903. Pendant un vote du conseil municipal présidé le 20 mai 1903 par le conseiller René Bigot, un membre proposa de faire graver sur le fronton de l’église la devise républicaine. La motion fut mise aux voix, mais comme il y avait nombre égal de votants pour chaque parti, le Président revendiqua sa prépondérance. On peut donc lire la devise « Liberté, Egalité, Fraternité » depuis cette date. Cette inscription doit bien sûr se comprendre dans le contexte de tension préliminaire à l’adoption, en 1905, de la loi de séparation de l'Eglise et de l’Etat. Seule une trentaine d’édifices en France portent cette mention.